FR | EN

Bénodet – La Rochelle, convoyage d’un Trawler avec Propriétaire à bord

21 Décembre 2021, veille des fêtes de fin d’année, l’anticyclone ancré au Sud-Ouest de la péninsule Ibérique prolonge ses effets. Le temps est clair mais froid, Le Vent de Nord-Est souffle, régulier, ses 15 à 20 noeuds,  vagues et houle d’ENE se confondent en une hauteur de 1m à 1,50m par endroit. La météo annonce une situation barométrique et des champs de pression stables. Notre destination est Port des Barques, situé à 170 miles dans le SSE de Bénodet.

Christian le Propriétaire m’accompagne. Nous prenons pieds sur Carpe Diem, un Trawler Trader de 41 pieds au petit matin. Reconnaissance du bord et des instruments, inventaire et inspection des moteurs et  des pompes d’assèchement avec le mécanicien effectuant la maintenance du bateau, nous quittons le quai pour rejoindre le poste à carburant. Le Courtier ayant fait la vente du bateau nous y attend. Les deux moteurs sont des Volvo de 300CV. Notre consommation prévisionnelle était de 20l/h par moteur au régime de 2300 tours/mn. Mécanicien et Courtier nous conseillent de tabler plutôt sur 60l nous permettant de tenir une vitesse de croisière de 10 Noeuds. Chaque réservoir a une capacité de 600 litres, soit avec un bon pied de pilote pour éviter de tomber en panne une autonomie de 8h. Nous embouquons le chenal de l’Odet.  Les jauges à carburant sont au maxi. Nous partons à 13h soit une heure après l’étal de BM. Le ciel confirme sa tendance,  gris.  Les nuages sont hauts, une bonne brise nous cueille à la sortie de l’Odet.

– Mille sabords de tonnerre de Brest !!! le pilote automatique ne tient pas.   Cerise sur le gateau, les leviers de commande de puissance moteur ne gardent pas le régime souhaité. Un sandow nous permet de tenir un régime de 2800 tours et une moyenne sur le fond de 9 Noeuds. Le Pilote automatique ne tient pas. La tenue de barre sera manuelle.

Nous abordons Belle Ile en début de nuit, la laissons sur Bâbord. Nous devons ravitailler en carburant. Nous faisons route sur Pornichet.

2h30 du mat le 22, nous entrons dans le Port de Pornichet. Nous nous amarrons le long d’un catway et décidons de prendre quelques heures de repos.

Nous repartons vers 9h, le soutage en carburant fait.

Retour en Mer.  Le vent est faible, la mer belle, Le soleil est là. Il parait chaud. Une magnifique seconde journée de navigation s’enclenche. Christian reçoit un appel. Changement de destination, notre road trip se termine à la Rochelle. Le jour passe, les abords des iles suivent, tantôt Noirmoutier sur notre bâbord, puis l’Ile d’Yeu à l’inverse. Nous sommes seuls au monde, nous « glissons » entre les deux cardinales situées au Nord-Est de Port Joinville. 4 milles séparent ces deux balises.

Arrive la nuit tandis que nous doublons le port des Sables d’Olonne. Les 4 éclats blancs du Phare des Baleines chaque quinze secondes sont en vue.

Nous voici presque chez moi, Saint Clément des Baleines, j’habite en face. La Tranche sur Mer. Entre ces deux villes, le Pertuis Breton. Superbe endroit avec le banc de sable des bucherons qui s’étire sur 4 kilomètres et se situe à l’entrée du Fiers d’Ars, lequel découvre à marée basse; un coin de paradis le temps d’une baignade ou d’un pique nique; ça tombe bien, Christian a sorti les petites boites rouge des plats cuisinés de Madame.  Elles s’offrent à nous, étalées sur la table du carré.  Nous avons faim. Chacun choisi. Hmmm!

Nous enroulons le phare de Chauveau, situé à 1200m en mer de la pointe du même nom.

Fin du convoyage modifié, nous entrons dans le port des minimes de la Rochelle à 20h30.

Carpe diem s’est parfaitement comporté, Tant face que travers à la houle. Simple à manoeuvrer dans les ports, doux à la barre, nous laissant même oublier que le pilote ne fonctionnait pas, souple aux commandes dans ses montées en allures et changement de régime. Un confortable habitacle avec une belle cabine arrière, des volumes accueillants que ce soit en cuisine située au même niveau que la cabine Propriétaire, dans le carré pour une vue panoramique ou vers l’avant partagé en une seconde grande cabine en pointe, un cabinet de toilette faisant face à une cabine de deux lits superposés.

Merci au propriétaire de sa présence, de ses bonne humeur et simplicité.

Voici quelques mots qu’il m’a adressé à l’issue de son arrivée à Port des Barques quelques jours plus tard.

« Comment réussir un convoyage.

Un coup de fil à Marc et c’est déjà un voyage. Le contact est sympa et tellement professionnel. A compter de cet instant, je n’ai plus qu’à m’inquiéter de la préparation de mon bateau à moteur de 41 pieds dont je viens de faire l’acquisition et que je ne connais pas du tout. Je me charge de faire le plein des réservoirs sans avoir oublié l’avitaillement pour 2 jours et une nuit de navigation.

Après que les conditions météo aient été étudiées par mon Skipper pro, la date et le rendez-vous sont fixé par Marc, en Bretagne à Bénodet, d’où nous partirons pour rallier La Rochelle. Malgré mes 40 années passées sur l’eau à naviguer, j’avais besoin et j’ai profité d’une formation de navigation sur mon nouveau bateau et c’est tellement important d’être mis en confiance et de pouvoir se familiariser avec les équipements de bord, accompagnés des explications du commandant. C’est presqu’une remise à niveau du permis bateau. Malgré les pannes successives du pilote et du tracer ce sera finalement une navigation à l’ancienne que va m’offrir Marc, Règle à la main et les yeux rivés sur la carte papier et le compas, nous scrutons l’horizon à la recherche des feux de nuit, voilà comment une navigation se termine sans histoire et en ne prenant que du plaisir.

Tout au long de ce parcours, les échanges avec mon skipper furent très ludiques mais ce fut surtout l’occasion d’un partage entre un amateur et un professionnel animé par la même passion, la mer.

 Je suis prêt pour piloter mon nouveau bateau en toute confiance. Merci à vous Marc  »  

 

 

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.

En savoir plus